Accueillir ses émotions sans les contrôler
Il y a une fatigue particulière à vouloir aller bien.
À vouloir rester stable.
Calme.
Maîtrisée.
À vouloir « gérer » ce que l’on ressent.
Beaucoup d’entre nous ont appris que ressentir trop fort était un problème.
Que pleurer longtemps était excessif.
Que la colère devait être contenue.
Que la tristesse devait passer vite.
Alors, très tôt, nous avons développé des stratégies.
Respirer pour faire redescendre.
Rationaliser pour calmer.
Se distraire pour ne pas sentir.
Et sans nous en rendre compte, nous avons confondu accueillir avec contrôler.
Mais accueillir une émotion n’est pas la faire taire.
Ce n’est pas la lisser.
Ce n’est pas la rendre acceptable.
C’est lui permettre d’exister, telle qu’elle est.
Le besoin de contrôle émotionnel : une réponse apprise
Le contrôle émotionnel n’est pas un défaut personnel.
C’est souvent une réponse apprise.
Une manière de rester en sécurité dans un environnement où :
- il n’y avait pas toujours de place pour l’expression,
- certaines émotions dérangeaient,
- montrer sa vulnérabilité n’était pas encouragé.
Alors, contrôler est devenu une forme de protection.
Mais ce qui protégeait autrefois peut devenir, avec le temps, une source de tension intérieure.
Car une émotion contrôlée ne disparaît pas.
Elle se contracte.
Elle s’adapte.
Elle se loge ailleurs.
Le corps, encore une fois, garde la trace.
Accueillir ne veut pas dire se laisser envahir
Il existe une peur très répandue :
« Si je laisse venir mes émotions, je vais être submergée. »
Cette peur est compréhensible.
Mais accueillir une émotion ne signifie pas s’y noyer.
Cela signifie rester présente pendant qu’elle traverse.
Une émotion est un mouvement.
Elle a un début, un pic, une fin.
Ce qui donne l’impression qu’elle dure indéfiniment, c’est souvent la résistance.
Lorsque l’on lutte contre ce qui est là, l’émotion s’intensifie.
Lorsque l’on ouvre un espace, elle circule.
Accueillir, ce n’est pas amplifier.
C’est laisser faire le mouvement naturel.
Ce qui se passe quand on cesse de contrôler
Lorsque vous cessez de vouloir contrôler une émotion, quelque chose change subtilement.
Le corps se détend légèrement.
La respiration s’approfondit.
L’intensité commence à se transformer.
Pas parce que vous avez « bien fait ».
Mais parce que vous n’êtes plus en opposition.
Le corps n’a pas besoin d’être forcé pour relâcher.
Il a besoin de permission.
Souvent, ce qui apaise n’est pas une technique.
C’est une posture intérieure.
Une disponibilité.
Accueillir, c’est créer un espace intérieur sûr
Une émotion ne demande pas une solution.
Elle demande un espace.
Un espace où elle peut être ressentie sans être jugée.
Sans être corrigée.
Sans être pressée.
Créer cet espace intérieur, c’est dire :
« Tu peux être là. Je reste avec toi. »
Cette présence change profondément la relation que vous entretenez avec vous-même.
Vous n’êtes plus contre ce que vous ressentez.
Vous êtes avec.
Et cette alliance est profondément régulatrice.
Pourquoi certaines émotions reviennent encore et encore
Lorsque l’on cherche à contrôler, certaines émotions semblent revenir en boucle.
Pas parce qu’elles sont insistantes.
Mais parce qu’elles n’ont jamais été pleinement accueillies.
Elles reviennent comme un message inachevé.
Non pour vous agacer.
Mais pour être enfin entendu.
Une émotion accueillie jusqu’au bout n’a plus besoin de revenir.
Elle a accompli son mouvement.
Elle a circulé.
Elle a été reconnue.
Apprendre à ressentir sans se juger
Beaucoup de souffrance émotionnelle vient du regard que l’on pose sur ce que l’on ressent.
« Je ne devrais pas ressentir ça. »
« Ce n’est pas logique. »
« Je devrais être plus forte. »
Ces jugements ferment l’espace.
Accueillir sans contrôler, c’est aussi accueillir sans commenter.
Ressentir sans se raconter d’histoire sur ce que cela dit de vous.
Une émotion n’est pas une identité.
C’est un état passager.
Elle ne définit pas qui vous êtes.
Elle traverse qui vous êtes.
Revenir à une relation plus vivante avec ses émotions
Vos émotions ne sont pas des ennemies à dompter.
Elles sont des messagères.
Elles vous parlent de vos limites.
De vos besoins.
De vos élans.
De vos blessures.
Les accueillir, c’est accepter de vivre une relation plus vivante avec soi.
Moins contrôlée.
Moins figée.
Plus honnête.
Et paradoxalement, c’est souvent ce relâchement qui crée le plus de stabilité intérieure.
Lecture du corps — signature Katéwa
Accueillir une émotion, ce n’est pas la contrôler.
C’est lui offrir un espace sûr.
Un espace où elle peut traverser sans être jugée.
Votre corps sait faire ce mouvement.
Lorsque vous cessez de le contraindre.
Micro-invitation — accueillir autrement
La prochaine fois qu’une émotion apparaît :
Avant de chercher à la calmer,
Avant de vouloir la comprendre,
essayez simplement ceci :
Restez.
Respirez.
Sentez.
Sans commenter.
Sans corriger.
Juste accueillir.
Vous pourriez découvrir que ce que vous craigniez de ressentir avait simplement besoin d’un espace pour passer.
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Votre expérience nourrit ce chemin collectif d’écoute et de présence.

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3 jours
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